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PRA et PCA

Comment maintenir une application métier disponible pendant une panne ?

Une application métier reste disponible pendant une panne si une seconde instance, déjà à jour et déjà joignable par les postes, prend le relais sans que chaque utilisateur change un paramètre. Si le secours existe mais que personne ne sait s’y connecter, l’application est techniquement « sauvée » et pratiquement arrêtée.

Mis à jour en octobre 20263 min de lecture4 sources citées

L’essentiel

  • Quatre conditions : données cohérentes, secours dimensionné, chemin réseau prêt, vérification métier.
  • La base doit être sauvegardée par une méthode qui la connaît (journal de transactions, mise au repos), pas comme de simples fichiers.
  • Garder la même adresse IP est plus transparent qu’un changement DNS, mais suppose un équipement encore vivant sur le site.
  • Vérifiez la licence du logiciel sur l’environnement de secours avant la panne.
  • Si les quatre conditions ne sont pas réunies, annoncez un PRA et écrivez le mode dégradé.

Les quatre conditions

Les données sont cohérentes. L’application et sa base doivent être copiées ensemble, dans un état que le moteur de base accepte d’ouvrir. Une copie de fichiers prise au milieu d’une écriture peut démarrer sur une base que l’éditeur jugera corrompue. L’outil de sauvegarde ou de réplication doit connaître la base (mise au repos, journal de transactions), pas seulement le disque. Pour SQL Server, Microsoft recommande en outre de placer les sauvegardes sur un emplacement physique distinct des fichiers de la base, et rappelle qu’on n’a pas de stratégie de restauration tant qu’on n’a pas restauré une copie sur un système de test, puis vérifié son intégrité.

Le secours est dimensionné pour travailler, pas seulement pour « montrer que ça démarre ». Une instance trop petite pour dix utilisateurs simultanés crée une panne logicielle à la place de la panne matérielle.

Le chemin réseau est prêt. Deux techniques courantes :

  • conserver la même adresse IP vue par les postes, grâce à un équipement sur place qui redirige vers le secours ;
  • changer un nom DNS, en acceptant le délai de propagation et les caches des postes.

La première est plus transparente. Elle suppose un agent ou un boîtier encore vivant sur le site. Si le site entier est détruit (incendie), il n’y a plus d’agent local : les utilisateurs distants passent alors par une adresse publique de secours, à condition qu’elle ait été réservée et testée. Le PCA de site et le PCA de serveur unique ne se préparent pas de la même façon.

Quelqu’un vérifie l’application, pas seulement le système. Ouvrir l’écran de connexion ne suffit pas. Un utilisateur autorisé fait le geste habituel : chercher un dossier, éditer une pièce, imprimer.

Comparer les deux chemins réseau

Même adresse IP via un équipement localChangement de nom DNS
Action côté postesAucuneParfois vider le cache ou redémarrer
Délai de basculeCourtDépend de la durée de vie des enregistrements DNS
Fonctionne si le site est détruitNonOui, si l’accès distant est prêt
Point de vigilanceL’équipement local doit survivreLes adresses codées en dur dans les logiciels

Avant la panne : la liste de contrôle

  • La méthode de sauvegarde de la base est documentée et a déjà donné une restauration réussie.
  • La taille du secours a été validée avec le nombre d’utilisateurs prévu.
  • Le chemin réseau a été testé depuis un poste ordinaire, pas depuis le poste de l’administrateur.
  • La licence fonctionne sur le secours.
  • Un utilisateur métier a fait un geste réel sur le secours lors du dernier essai. Voir Comment tester un PRA ?.

Mode dégradé

Si les quatre conditions ne sont pas remplies, l’honnêteté est d’annoncer un PRA (reprise après une interruption) et d’écrire le mode dégradé : quels actes peuvent attendre, lesquels se notent sur papier, qui ressaisit ensuite. Une application « indispensable » dont le mode dégradé tient une demi-journée n’a pas forcément besoin d’un secours allumé toute l’année. L’ANSSI recommande de prévoir ces solutions de contournement à l’avance, car une crise d’origine cyber peut durer plusieurs semaines.

Licences et éditeurs

Certains logiciels métier lient la licence à un identifiant matériel, ou interdisent un hébergement extérieur. Le vérifier avant la panne. Un secours qui démarre puis se ferme faute de licence n’est pas un secours.

Chez WeDoBack

Le PCA est conçu pour ce cas : instances cloud allumées en permanence, agent sur le réseau du client, lien VPN IPsec, relais sans changement d’adresse IP. Il maintient donc l’application joignable par les postes du site tant que l’agent et le réseau local existent. Pour que la base de l’application soit à jour sur l’instance, puis que les saisies faites pendant la panne reviennent sur le serveur réparé, il faut un processus de réplication ou de synchronisation spécifique : il n’est pas natif, et WeDoBack peut le mettre en place sur devis. Les instances démarrent à 50,22 € HT par mois, le stockage à 8,75 € HT par mois pour 50 Go. Si le bâtiment est détruit, ce mécanisme local ne suffit plus : il faut des adresses publiques et un accès distant, qui relèvent plutôt du PRA avec adresses IP publiques (0,54 € HT par adresse et par mois). WeDoBack sauvegarde SQL Server, Exchange et les logiciels métiers, et restaure le serveur et l’application s’ils ont été sauvegardés de façon cohérente. Il ne corrige pas une base copiée n’importe comment : la méthode de sauvegarde de la base fait partie de la mise en œuvre, à tester avant.

Questions fréquentes

Peut-on copier les fichiers de la base de données comme les autres fichiers ?

Ce n’est pas suffisant. Une copie prise au milieu d’une écriture peut donner une base que le moteur refusera d’ouvrir. Il faut une sauvegarde qui connaît la base (sauvegarde native, journal de transactions ou mise au repos). Microsoft rappelle en outre qu’une stratégie de restauration n’existe qu’une fois les sauvegardes testées sur un système de test.

Le secours doit-il être aussi puissant que le serveur de production ?

Il doit supporter le nombre d’utilisateurs simultanés prévu pendant la panne. Un secours sous-dimensionné transforme une panne matérielle en panne de performance. On peut accepter un secours un peu plus modeste si le mode dégradé réduit le nombre d’utilisateurs, à condition de l’avoir mesuré.

Que se passe-t-il si tout le bâtiment est détruit ?

Les mécanismes qui reposent sur un équipement local (agent, boîtier) disparaissent avec le site. Les utilisateurs doivent alors joindre le secours depuis l’extérieur, par une adresse publique et un accès distant réservés et testés à l’avance. C’est un scénario distinct de la panne d’un serveur.

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