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PRA et PCA

Comment déterminer son RTO ?

On détermine un RTO avec deux nombres. Le premier est économique : au bout de combien d’heures d’arrêt le coût dépasse ce que l’on est prêt à payer pour l’éviter. Le second est technique : combien de temps a duré la dernière restauration réelle. Le RTO écrit doit être au moins aussi long que le second et assez court pour que le premier reste supportable ; s’ils se contredisent, on change l’architecture, pas le chronomètre.

Mis à jour en octobre 20263 min de lecture4 sources citées

L’essentiel

  • Nombre économique : personnes bloquées × coût horaire, ventes perdues, pénalités. Calculé service par service.
  • Nombre technique : chronométré de « nous déclarons l’incident » au premier geste métier réussi.
  • Sans essai, vous n’avez pas de RTO technique, vous avez une espérance.
  • Si les deux ne se rencontrent pas : réduire le volume, préparer des images, passer en PRA ou PCA, ou assumer un mode dégradé écrit.
  • Un RTO s’écrit dans les horaires du support dont vous disposez réellement.

Le nombre économique

Le NIST appelle cette étape la détermination de la durée maximale d’interruption tolérable (MTD) : ce que l’activité supporte au total, tous impacts confondus. Le RTO de l’informatique doit rester en dessous. Pour un service, estimez :

  • les personnes bloquées × coût horaire chargé ;
  • les ventes ou les actes qui ne se rattrapent pas (un client parti, un créneau de soin annulé) ;
  • les pénalités contractuelles, s’il y en a ;
  • le délai à partir duquel l’image de l’entreprise est atteinte, même si c’est subjectif : écrivez-le quand même.

Exemple. Huit personnes bloquées, 35 € de l’heure chargée, pas de pénalité. Chaque heure coûte 280 €, plus le chiffre d’affaires non fait. Si la direction accepte 1 000 € de perturbation, le RTO économique est d’environ trois à quatre heures. Si elle accepte une journée parce que le carnet de commandes se décale, le RTO peut être de 8 à 24 heures.

Faites ce calcul par service. Le standard téléphonique peut avoir un RTO d’une heure et l’archivage documentaire un RTO d’une semaine.

Le nombre technique

Prenez le dernier essai, ou faites-en un maintenant sur une copie de test. Déclenchez le chronomètre à « nous déclarons l’incident », pas à « le logiciel a fini de copier ». Arrêtez-le quand un utilisateur a réussi un geste normal.

Si vous n’avez jamais essayé, vous n’avez pas de RTO technique. Vous avez une espérance. Dans ce cas, le travail immédiat est l’essai, pas le choix entre PRA et PCA. L’ANSSI le rappelle : une procédure de restauration doit être rédigée et régulièrement mise en œuvre, et l’ordre de restauration défini à l’avance selon les dépendances (DNS, annuaire) et la criticité des applications. Un serveur métier qui attend l’annuaire hérite du RTO de l’annuaire.

Fiche de calcul

ServiceCoût d’une heure d’arrêtRTO économiqueDurée du dernier essaiÉcartDécision
Logiciel de devis280 € + ventes4 h9 h5 hPRA ou mode dégradé
MessagerieFaible si téléphone24 h6 hAucunSauvegarde suffit
ArchivesNégligeable1 semaine2 joursAucunSauvegarde suffit

Les chiffres ci-dessus sont des exemples. Remplacez-les par vos mesures.

Quand les deux nombres ne se rencontrent pas

La restauration a pris neuf heures, le métier n’accepte que deux heures.

  • Réduire le volume à restaurer (séparer les archives des données vivantes).
  • Disposer d’images déjà prêtes à démarrer plutôt que d’une réinstallation.
  • Passer ce service en PRA (secours préparé) ou en PCA (secours déjà allumé). Voir PRA ou PCA : lequel choisir ?.
  • Ou assumer, par écrit, que le RTO réel est neuf heures et organiser le mode dégradé papier pour ces neuf heures. C’est un choix légitime s’il est conscient.

L’ANSSI, dans son guide de gestion de crise cyber, insiste sur ce dernier point : l’organisation doit être capable de maintenir ses activités les plus critiques, éventuellement en mode dégradé, voire sans services numériques. Après une attaque, la remise en état peut s’étendre sur plusieurs semaines : le RTO d’une panne matérielle ne vaut pas pour un rançongiciel.

N’oubliez pas les horaires

Un RTO de quatre heures qui suppose un technicien disponible ne tient pas le dimanche si l’assistance est ouverte en semaine de 9 h à 17 h 30. Écrivez le RTO en heures ouvrées du support dont vous disposez, ou payez une astreinte. Sinon le RTO du vendredi 18 h est en réalité « lundi matin plus quatre heures ».

Chez WeDoBack

L’assistance humaine est joignable de 9 h à 13 h et de 14 h à 17 h 30 (heure de Paris), au 09 72 50 78 28 et à [email protected]. La surveillance des sauvegardes, elle, fonctionne 24 h/24 : cela raccourcit la découverte d’un échec de copie, pas le délai de restauration un dimanche. Le PRA raccourcit le délai technique en redémarrant les serveurs sur des instances de secours, sans attendre un serveur de remplacement ; un test de démarrage a lieu chaque mois, et un test en conditions réelles, jusqu’à 10 heures, est possible sur devis pour mesurer votre RTO. Le PCA le raccourcit encore en ayant déjà l’instance allumée. Aucun des deux n’efface le temps de décision ni le temps de vérification métier, qui restent dans votre RTO.

Questions fréquentes

Comment chiffrer le coût d’une heure d’arrêt ?

Additionnez le coût horaire chargé des personnes bloquées, le chiffre d’affaires qui ne se rattrape pas, les pénalités contractuelles éventuelles. Par exemple, huit personnes à 35 € de l’heure chargée coûtent 280 € par heure, avant les ventes perdues. Ce chiffre sert à comparer avec le coût annuel d’un PRA ou d’un PCA.

RTO et durée maximale d’interruption, est-ce la même chose ?

Pas tout à fait. La durée maximale d’interruption tolérable (MTD pour le NIST, DMIA pour l’ANSSI) est ce que l’activité supporte au total. Le RTO est le délai de remise en service de l’informatique. Le NIST recommande que le RTO soit plus court que la MTD, pour garder une marge.

Que faire si le RTO calculé est impossible à tenir ?

Soit vous changez l’architecture (images prêtes à démarrer, PRA, PCA), soit vous écrivez le RTO réel et organisez un mode dégradé pour toute sa durée. Les deux sont légitimes. Ce qui ne l’est pas, c’est de garder un chiffre que le dernier essai a démenti.

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